UN SIÈCLE DE CADILLAC : 1902 - 2002 !

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Parmi les milliers de modèles apparus en Amérique depuis le début de l’automobile, aucun n’a connu le succès continu et le prestige insolent de la Division CADILLAC de GENERAL MOTORS.

Presque 100 ans après que le premier monocylindre soit sorti dans les rues de DETROIT, l’imposante CADILLAC demeure le symbole reconnu et respecté de ce que les États-Unis ont de meilleur à offrir.

Pour désigner le meilleur produit, que ce soit un vélo, un réfrigérateur, un stylo, un motor-home, on dit de lui que c’est une " CADILLAC " dans son domaine (parfois aussi une ROLLS...).

La possession d’une CADILLAC, ou le simple fait d’être vu à son volant, c’est la démonstration d’une réussite incontestée et sereine. Même s’il est très raisonnable de l’acheter pour son moteur très solide, sa remarquable valeur de revente ou sa douceur de conduite, rien n’empêchera les gens de penser que c’est le symbole de la réussite matérielle.

D’ailleurs et même si cela est moins vrai aujourd’hui, on pouvait dire " Dis-moi dans quoi tu roules, je te dirai qui tu es ! ". Ainsi chez GM, les patrons et cadres supérieurs roulaient en CADILLAC ou en BUICK à la rigueur, la " middle-class " en OLDSMOBILE ou en PONTIAC et les prolos en CHEVROLET ! Chez FORD, on passait de la LINCOLN pour les plus aisés, à la FORD pour le bas de l’échelle sociale, l’intermédiaire roulant en MERCURY. Dans le groupe MOPAR, le " dessus du panier " cruisait en IMPERIAL (quand elles étaient produites) ou en CHRYSLER, le " dessous du panier " en PLYMOUTH ; entre les deux, on roulait en DODGE... Les " excentriques " essayaient de " rouler autrement " et regardaient la production automobile " hors des Trois Grands " (AMC, NASH, PACKARD, STUDEBAKER...)

Aujourd’hui, on s’affiche moins, mais personne ne vous injuriera aux States si vous êtes dans une belle automobile, et le sigle CADILLAC demeure indestructible...

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Le " mythe CADILLAC " n’est pas arrivé par hasard. Tout commença avec un habitant du Vermont, grand et barbu, un maniaque de la précision au centième de millimètre.

Henry MARTYN LELAND était associé en 1902 dans une affaire de machines-outils à DETROIT. Il avait été approché par un groupe d’hommes d’affaires qui lui avaient demandé d’évaluer les machines appartenant à une société de châssis qu’ils étaient pressés de liquider. L’astucieux LELAND sentit l’opportunité d’entrer dans l’industrie automobile naissante : il avait un moteur mis au point par OLDSMOBILE et arrivait maintenant une société avec une voiture mais pas de moteur !

La suite constitue l’un des chapitres les plus longs et les plus colorés dans l’histoire de l’industrie automobile.

Pendant les premières années, CADILLAC n’essaya pas de séduire les acheteurs de voitures de luxe. Les premières CADILLAC étaient placées à un prix inférieur de moitié à celui de la plupart des voitures de l’époque, et bien au-dessous des prestigieuses PIERCE ARROW ou PACKARD, pour ne citer que ces deux marques.


La 1° Cadillac produite était un modèle peu coûteux


LELAND construisait moins de voitures que ses concurrents, mais les construisait mieux et le succès vint à la société des automobiles CADILLAC principalement par leur qualité exceptionnelle pour l’époque.

Le choix de LELAND de n’accepter que de très faibles marges de tolérance pour ses fabrications, et le principe d’interchangeabilité des pièces qu’il avait appris plusieurs années auparavant dans l’industrie de précision, permirent à CADILLAC d’obtenir en 1908 le très convoité " DEWWAR TROPHY ". Ce trophée récompensait l’entreprise dont la qualité de fabrication et la capacité d’innovation étaient les meilleures de leur époque.

En 1910, CADILLAC sortit ses premières voitures fermées et en 1912 la société fut récompensée par un autre " DEWAR TROPHY " pour son starter automatique !

En 1914, LELAND fut le premier à produire en grande quantité le moteur V8, s’exposant ainsi à l’hostilité des autrCadilac 1926 type 314 Tourer 7 pass. (V8)es fabricants et sortant à cette occasion un des meilleurs slogans que l’on n’ait jamais écrit dans l’histoire de la publicité : " THE PENALTY OF LEADERSHIP "

LELAND laissa CADILLAC dans un élan patriotique en 1917 et alla réorganiser une autre société : LINCOLN !

Les années 20 apportèrent à CADILLAC de nombreux perfectionnements mécaniques comprenant le moteur flottant, l’amélioration des éclairages, les glaces de sécurité et la transmission synchronisée.

Details du Tourer 1926Sous l’impulsion du légendaire Lauwrence P. FISHER, CADILLAC franchit une étape déterminante pour atteindre la suprématie dans le domaines des belles américaines. FISCHER intégra Harley J. EARL comme styliste. Le premier dessin de EARL fut son triomphe avec la LaSalle 1927.

C’était l’âge du grand luxe et des salons d’automobiles exclusives. CADILLAC offrait à cette époque 50 carrosseries différentes dans 500 combinaisons de couleurs. Mais l’époque s’arrêta avec le crash de 1929 et la dépression qui s’ensuivit.

Puis CADILLAC étonna de nouveau l’industrie avec l’introduction de ses limousines V16 et V12. La Division avait acheté FLEETWOOD qui maintenant créait et exécutait les carrosseries pour CADILLAC exclusivement.Lasalle 1930 roadster (F. Bruère)

Pendant que CADILLAC individualisait le style de ses voitures, la production atteignait des niveaux très bas. Si CADILLAC n’avait pas été un morceau de l’Empire GENERAL MOTORS, elle n’aurait pas survécu à la dépression qui suivit la crise de 1929. En effet, un par un, les autres producteurs de voitures de luxe tombèrent durant les années 30 : PIERCE ARROW, MARMON, PEERLESS et même DUESENBERG.

 

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